Jean Seignalet : l’alimentation ou la troisième médecine

Voici un livre-phare, une bible (770 pages !), une référence. La première édition est sortie en 1996, suivie par 4 autres éditions, jusqu’au décès de l’auteur en 2003. Il est préfacé par le Pr Henri Joyeux (voir article ici).

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Il ne m’est pas facile de présenter ce livre, vu sa richesse et sa complexité parfois bien réelle pour un non-spécialiste comme moi. Cependant, même si certains chapitres s’adressent à des biologistes confirmés (comme par exemple celui sur l’ADN), d’autres ne nécessitent pas de compétences particulières.

Il se trouve que la petite revue gratuite « Biocontact » (n° 273) a publié en novembre 2016, tout un dossier, riche et intéressant, sur ce bienfaiteur de l’humanité. Je reproduis ci-après l’éditorial de Jean-Pierre Camo, Directeur de la publication de la revue Biocontact, avec son aimable autorisation.

La leçon de Seignalet

A contre-courant des croyances du milieu médical dont il était issu, le Dr Jean Seignalet s’était forgé l’ide, à coups d’expérimentations empiriques, que l’alimentation industrielle et hypertransformée était bel et bien à l’origine d’une longue liste de maladies, parfois graves et sans traitement connu. Tout se joue, selon lui, au niveau de notre microbiote (le nouveau nom de notre flore intestinale), exposé à des protéines qui lui sont totalement étrangères, telles celles des laits animaux ou des céréales mutées (blé et maïs principalement). Mais aussi des aliments trop cuits, dont les molécules se sont transformées en monstres indigestibles. Déboussolées par cette avalanche, nos enzymes digestives, elles ne suivent plus…

Car notre microbiote fonctionnerait encore selon un mode ancestral, le même que celui de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. En faisant éliminer les aliments incriminés du régime de ses patients, Seignalet a observé de nettes rémissions chez la plupart d’entre eux. C’est cela, l’alimentation « hypotoxique ».

Pour faire simple, ce régime écarte laitages, pains et cuissons à température élevée. Il fait par contre la part belle aux fruits et légumes, aux céréales non mutées (riz, quinoa…), aux œufs mais aussi aux poissons et à la viande. Tout cela cru de préférence (car le moins transformé possible), voire préparé en cuisson douce. Et bio, bien sûr.

Comme son nom l’indique, le régime Seignalet se focalise uniquement sur l’alimentation, essentiellement dans un but thérapeutique. Car on y vient souvent en dernier recours quand la médecine a déclaré forfait. A l’inverse d’autres méthodes, tels le végétarisme ou la macrobiotique, sous-tendues par une philosophie, un mode de vie. Même si ses résultats sont parfois spectaculaires, cette approche, plutôt stricte, n’attire pas forcément les personnes sans problème de santé particulier. Peut-être à tort d’ailleurs…

Quelle leçon nous a léguée Seignalet ? Consommons autant que possible des aliments peu transformés, frais et biologiques. Exit donc les préparations industrielles, pour la plupart surcuites, trop sucrées, trop salées, trop grasses, truffées d’additifs chimiques qui n’ont rien à faire dans notre estomac. Levons aussi le pied sur les préparations complexes, dont la liste des ingrédients s’étire sur plusieurs lignes. Même si rien n’en transparaît dans ses écrits, le Dr Seignalet ne nous invitait-il pas à une vie plus simple, plus écologique au sens large ? Je le crois.

Chaque personne étant différente, ce régime ne peut bien sûr apporter de réponse à tout, il a d’ailleurs été adouci au fil des années. Mais ses fondamentaux sont solides ; privilégions les aliments simples et adaptés à notre microbiote.

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