Sucre, l’amère vérité

Un article paru le 27 décembre 2016 dans Ouest-France, signé Christelle Guibert, m’a donné à réfléchir sur ce sujet sensible qu’est le sucre dans notre vie et notre alimentation, car d’une part, nous sommes tous, plus ou moins, « accros » au sucre et ce depuis notre enfance ! et, d’autre part, que nos cellules cancéreuses (nous en avons tous des millions) en raffolent…

Voici l’article :

Ouest-France du 27 décembre 2016

Le sucre est un sujet non seulement sensible, mais aussi complexe. Je vais d’abord tenter d’éclaircir le paysage, sans aucune prétention scientifique, avant de revenir à l’article.

Il existe 2 grandes catégories de sucres ou glucides :

  1. les sucres simples,
    contenus dans les aliments dont le goût est sucré,
  2. les sucres complexes ou « lents »,
    comme les amidons qu’on retrouve dans les céréales (riz, pâtes, blé, maïs). Ce sont des assemblages de sucres simples.

Les sucres simples se subdivisent en 2 types :

  1. le glucose, que l’on trouve dans notre sang et dans le raisin,
  2. le fructose, que l’on trouve naturellement dans les fruits ou le miel, plus d’innombrables produits et boissons sucrés…

Les sucres simples, ou hydrates de carbone, sont produits par la photosynthèse des plantes : ils sont constitués de carbone, d’hydrogène et d’oxygène, et leur fonction principale est de fournir de l’énergie pour les cellules vivantes.

Tous les sucres se transforment en glucose, qui constitue l’unique source d’énergie pour nos cellules. il ne faut donc pas avoir peur du sucre, mais il faut savoir comment l’organisme l’utilise correctement ou pas (métabolisme).

Attaché au glucose, le fructose forme le saccharose (extrait de la betterave ou de la canne à sucre), ou sucre de table. Le sucre de table est donc composé pour moitié de fructose (qu’il soit blanc, complet, roux, ou de canne) et pour moitié de glucose. Le sucre blanc est raffiné pour augmenter le goût sucré, mais avec pour inconvénient de lui faire perdre la plupart de ses minéraux, lesquels équilibrent l’acidité du sucre raffiné : potassium, magnésium, calcium, phosphore, fer, plus des vitamines. Donc un sucre blanc est déminéralisant, puisque l’organisme fait tout ce qu’il peut pour rétablir le pH neutre, en allant puiser des minéraux dans les os (ostéoporose…), les dents (caries…), les tissus (hernies…), en fonction de notre génétique (voir l’article sur l’équilibre acido-basique ici).

Attention au sucre roux : ce n’est qu’un sucre blanc caramélisé, donc double danger (acidité du sucre pur et présence de cellules dites « de Maillard », cancérigènes).

Le glucose peut donc être métabolisé directement par toute les cellules du corps, mais de façon limitée. En excès, il est transformé en glycogène par le foie, puis le pancréas libère de l’insuline ce qui permet au foie de stocker l’excès sous forme de masse grasse ; si le foie est saturé en graisse, il y a alors résistance à l’insuline (conduisant à l’obésité puis au diabète de type 2). Avant d’être à nouveau transformée en sucre selon les besoins de l’organisme.

Par contre, le fructose ne peut pas être utilisé tel quel par nos cellules. Il est métabolisé presque exclusivement par le foie (et un peu par les muscles), sous forme de glucose, mais dans ce cas utilisable sans limite par les cellules (contrairement au glucose « natif »), et de glycogène, et, si en excès, de lactate et de triglycéride (graisse). Le fructose en excès favorise la hausse de l’acide urique.

Le fructose est un sucre présent dans les fruits et le miel, mais aussi dans les produits sucrés commercialisés, ajouté à des milliers de produits aussi bien sucrés que salés (sauces, charcuterie, plats préparés, conserves, condiments, biscuits, desserts lactés, crèmes glacées, sorbets, friandises, produits chocolatés, céréales du petit déjeuner…) et de boissons (sodas et jus de fruits), sous la forme de sirop de maïs à haute teneur en fructose (HFCS), donc un produit lui-même transformé. Or les études faites sur la prise de poids sont faites avec ce sirop, et non avec des fruits…

Les fruits frais, entiers (pour les fibres) et mûrs (sinon ils seront acidifiants et non alcalinisants), constituent la meilleure source de sucre, à condition d’éviter de les consommer en fin de repas, car ils fermentent dans l’estomac le temps que la digestion, des graisses en particulier, se fasse. Il faut donc les consommer soit entre les repas, soit une demie-heure avant le repas. Et, même si manger de bons fruits est excellent, il ne faut pas en consommer trop, sauf si activité physique importante. L’absorption de trop de fruits peut donc conduire à de l’hyper-insulinémie.

Pour les sportifs :

  • Le sucre au métabolisme le plus lent est le fructose, amené en abondance par les fruits mûrs.
  • Dans un organisme décrassé par une hygiène de vie adéquate, le foie puise sans difficultés dans ses réserves de glycogène et d’acides gras pour fournir du glucose à la demande.

(Jean Seignalet : « L’alimentation ou la troisième médecine », voir ici)

Sachant aussi que les cellules cancéreuses et les tumeurs raffolent de sucre, il est très clairement bon de se déshabituer de la saveur sucrée. Il faut éviter l’obésité et faire du sport, on y revient toujours…


Une fois ces indispensables mises au point faites, nous pouvons revenir à l’article de Ouest-France et à Robert Lustig qui a fait interdire tous les sodas dans son université de Californie.

J’ai trouvé cette page fort intéressante du blog culinaire d’Eric (ici) : Le point de vue de Lustig est que le sucre devrait être considéré comme les cigarettes et l’alcool, comme quelque chose qui nous tue.

Cet article est très long, mais si vous avez bien lu et assimilé tout ce qui précède, cela devrait être plus facile. Comme l’article ci-dessus de Ouest-France, il fait référence à une fameuse conférence de Robert Lustig « Sugar: The Bitter Truth » (« Sucre : l’amère réalité ») enregistrée en 2009 (durée 90 mn), que vous pouvez visionner ici, en anglais, non sous-titrée en français, ce qui est dommage.

A méditer sérieusement en tout cas avant de se (re)servir en sucre, ou même, plus raisonnablement, de manger trop de fruits !

Lire également cet article Faut-il se méfier des fruits ? de Christophe Carrio.

Lire aussi cet intéressant article de Laura Azenard « Quel est le moins pire des sucres ? » ici.